mercredi 27 mai 2009

Départ


Assez vu. La vision s'est rencontrée à tous les airs.

Assez eu. Rumeurs des villes, le soir, et au soleil, et toujours.

Assez connu. Les arrêts de la vie. — Ô Rumeurs et Visions !

Départ dans l'affection et le bruit neufs !



Arthur Rimbaud - Illuminations (1873-1875)



C'est peut-être là que tout a commencé. A cet âge où l'on s'évade par les livres et l'imaginaire, j'ai lu Rimbaud.
J'ai fantasmé sa vie, sa jeunesse d'abord : coincé entre une mère acariâtre ("la mother", "la mère rimbe") et le fantôme d'un père absent, toujours parti en voyage. A travers ses livres de géographie, le petit Arthur rêve d'expéditions et de déserts.

A 16 ans déjà il prend la route, âme solitaire en quête d'ailleurs. Il recherche le "long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens" dans ses fugues successives. De Charleville il rallie Paris puis mène une vie dissolue à Londres et Bruxelles.

Les Illuminations sont sa dernière tentative poétique, avant la fuite à nouveau. A 21 ans il a tout écrit, il renonce à la littérature et repart pour tromper l'ennui. La vie au XIXe siècle est trop étriquée pour les hommes en quête de liberté.

« Je m'ennuie beaucoup, toujours ; je n'ai même jamais connu personne qui s'ennuyât autant que moi. »

Ses pas le mènent à travers l'Europe (Allemagne, Suède, Danemark, Autriche-Hongrie, Italie, Suisse Chypre) jusqu'à l'île de Java et le continent africain (Egypte, Yémen, Djibouti, Ethiopie).

Aden, Harar... des noms qui font rêver...

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